mardi 3 juillet 2012
Rémy Fenzy (directeur de l’école nationale supérieure de la photographie d’Arles) : "Nous souhaitons créer un doctorat avec l'université d'Aix-Marseille"
Créée en 1982 par François Mitterrand, dans la foulée des grands travaux de son premier septennat, l’Ecole nationale supérieure de la photographie d’Arles
célèbre cette année ses 30 ans, par diverses manifestations.
Déménagement, création d'un doctorat, insertion professionnelle des
étudiants... L’occasion de faire le point avec son directeur, au moment
du lancement des Rencontres d'Arles 2012.
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lundi 2 juillet 2012
| Introduction à la première soirée de Voies Off |
Les anciens d'Arles à l'honneur
C'est la première fois que le directeur des Rencontres d'Arles vient pour une projection de Voies Off.
Cette soirée, dont la projection "Versants du monde" est consacrée aux étudiants de l’École nationale supérieure de photographie, est une sorte de Off - In, puisqu'une grande partie de la programmation officielle de 2012 présente des photographies d'anciens étudiants de l'école d'Arles.
François Hebel, directeur des Rencontres, y fait allusion dans ses remerciements, car entre le Off et le In tout n'a pas toujours été simple. L'ENSP fait converger ce soir les projecteurs, démontrant que la photographie est la maîtresse des lieux.
| Découpe du gâteau d'anniversaire |
Après la projection une vraie fête d'anniversaire avec champagne et gâteau découpé par Rémy Fenzy, directeur de l'ENSP, et Christophe Gallois, artisan de Voies Off dans sa forme actuelle.
LVN
dimanche 1 juillet 2012
Rémy Fenzy : "dispenser une enseignement qui a du sens"
L'École nationale supérieure de la Photographie d'Arles sera cette année sous la lumière des projecteurs. Rémy Fenzy directeur de l'établissement, s'exprime sur les caractéristiques de cette institution unique en France, et dévoile ses ambitions pour l'avenir.
L'École nationale supérieure de la Photographie d'Arles sera cette année sous la lumière des projecteurs. Rémy Fenzy directeur de l'établissement, s'exprime sur les caractéristiques de cette institution unique en France, et dévoile ses ambitions pour l'avenir.
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| Rémy Fenzy © Laure Ledoux |
Photographie.com :
Les Rencontres d'Arles mettront cette année à l'honneur les 30 ans de
création de l'ENSP. Quels sont aujourd'hui les rapports entre votre
institution et sa "grande soeur" ?
Les rapports entre l'école et
les Rencontres se sont beaucoup assagis ce dernier temps. Aujourd'hui,
nous savons où nous nous trouvons : notre mission prioritaire est une
mission de formation, tandis que les Rencontres ont une mission
événementielle, liée à la promotion de la pratique de la photographie
sous tous ses aspects. Nous sommes bien sûr contents de partager un
certain nombre d'espaces, par exemple la bibliothèque de l'école (qui
abrite 18 000 volumes et qui s'est en partie enrichie grâce au Prix du
livre des Rencontres), et un certain nombre de moments d'expertise.
Lorsque je suis arrivé à la
tête de l'école, il y a presque deux ans, j'ai tout de suite rencontré
François Hébel, le directeur artistique du festival : petit à petit, les
méfiances se sont érodées, et la confiance est venue. On sait se parler
et on sait s'arranger.
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Maryse Cordesse : "L'ENSP a donné une
structure fixe aux Rencontres d'Arles"
Maryse
Cordesse, présidente des Rencontres d'Arles dans les annés 80, et l'une
des figures clés de l'histoire de lÉcole Nationale Supérieure de la
Photographie, explique l'identité du festival et son importance dans le
contexte du paysage culturel français.
Photographie.com :
Vous avez été présidente des Rencontres d'Arles, vous avez vu cette
manifestation grandir et évoluer. Le festival d'Arles a-t-il tenu toutes
ses promesses ? Comment décririez-vous l'apport du festival à la
photographie ?
Je pense que les Rencontres
ont beaucoup aidé la France à attraper son retard en photographie. Il
faut comprendre que, lorsque j'ai commencé à m'occuper des Rencontres en
1977, la photographie en France n'existait pas : les conservateurs
français n'étaient pas intéressés, et ce vocable n'existait pas,
administrativement, au Ministère de la Culture. Il n'y avait pas grande
chose au Centre Pompidou, qui avait un peu raté le coche.
Je me souviens que lorsque je
disais à mes amis ce que je faisais, tout le monde se moquait de moi,
en me disant : la photographie n'est pas un métier ; c'est soit un
studio où l'on fait des photographies de mariage, ou des reporters avec
leurs célèbres gilets beiges.
Je dirais donc qu'au début,
cette manifestation était faite presque pour les photographes, pour
qu'ils puissent se rencontrer, discuter, montrer leurs photographies,
etc. Il était très difficile de s'imaginer que les Rencontres
prendraient un tel essor. Jusqu'à la fin des années 80, et peut-être
même au-delà, le festival était essentiellement composé d'un cercle
que j'appellerai des "initiés" (c'était un public nouveau, assez jeune).
Les gens venaient voir les expositions, mais aussi s'initier à la
photographie dans le cadre des stages, ou fréquenter les photographes
plus connus.
Pendant de longues années, il
était très important que ce cercle d'initiés fasse la structure et le
fond du public. C'est depuis une quinzaine d'années, et plus
particulièrement depuis la venue de François Hébel, que le public des
Rencontres s'est élargi. Maintenant les gens viennent même s'ils ne
connaissent pas forcément la photographie, tout comme l'on va à un
concert sans avoir jamais joué deux notes sur un piano. Le public vient
parce que la photographie est entrée dans les moeurs, et aussi à cause
de l'argent que l'on investit aujourd'hui dans la photographie.
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